Le ministère public requiert 20 ans de prison à l’encontre d’Olivier De Bock

Le ministère public a requis mardi une peine de 20 ans de prison à l’encontre d’Olivier De Bock, prévenu pour avoir tué son frère, Yves De Bock, le 25 mars 2014 à Uccle.

La substitute du procureur du Roi s’est attardée sur l’emploi du temps d’Olivier De Bock, le jour de la disparition de son frère, en pointant les différentes contre-vérités dans ses déclarations. Elle a estimé qu’il avait eu un laps de temps de 1H20 dans l’après-midi. Elle a de plus relevé que le prévenu avait tourné en voiture autour de l’endroit où le corps a été retrouvé, alors qu’il était encore porté disparu. Elle a souligné que le polygraphe avait détecté des réactions mensongères, entre autres à la question de savoir s’il avait tué son frère.

Elle a ensuite considéré les éléments des experts scientifiques, ainsi que ceux des deux experts suisses entendus en matinée afin d’apporter des compléments d’informations au dossier. Le légiste avait relevé une fracture du crâne causée par un coup violent et 4 à 5 blessures à l’abdomen. Le décès avait été attribué à une agonie liée à l’obstruction des voies respiratoires.

Face au constat d’un couteau manquant dans la cuisine d’Olivier De Bock, l’intéressé a fait valoir que sa pointe avait été cassé il y a longtemps et qu’il avait alors été jeté. La substitute du procureur du Roi a notamment fait valoir que sa femme de ménage n’avait pourtant pas remarqué qu’il manquait. Du sang d’Yves De Bock a été trouvé au niveau des coffres des voitures des deux frères. De l’ADN du prévenu a été retrouvé à la place du conducteur dans la voiture d’Yves De Bock. Des fibres de soie bleue ont été trouvées à plusieurs endroits, notamment sur le corps de la victime et dans le coffre d’Olivier De Bock.

L’accès aux comptes bancaires de sa mère a été évoqué, tout comme le fait qu’Yves De Bock n’était plus autant prêt à aider financièrement. La disparition d’un sac de hockey a aussi été questionnée. “Ce qui frappe dans ce dossier, c’est l’extrême multiplicité d’éléments objectifs et sa faculté à donner des explications qui s’enchevêtrent en fonction des nécessités“, a conclu la substitute du procureur du roi. “Une spécialité d’Olivier De Bock“. Elle a décrit ce dernier comme un enfant gâté habitué à être au centre de l’attention.

Sa compagne de l’époque a été questionnée en matinée sur l’attitude d’Olivier De Bock au moment des faits et sur son week-end surprise à la mer annoncé après la disparition d’Yves De Bock. Si elle a concédé que c’était la première fois qu’il faisait ce type de cadeau, elle a ajouté que c’était une personne très généreuse avec les autres. Elle n’a pas noté de comportement intriguant à l’époque, mais elle a expliqué qu’elle n’était pas dans cet état d’esprit: “Je n’ai pas essayé de savoir. C’était un début de relation. (…) Quelque part, je voulais peut-être essayer de rester dans mon conte de fée et je n’ai pas creusé“.

Un des amis d’Olivier De Bock a également été entendu, bien qu’il ait rompu le contact après les procédures initiées à son encontre pour enquêter sur une possible complicité. Il n’a pas non plus remarqué d’attitude interpellante. Concernant la relation entre les deux frères, il n’était pas au courant de tensions particulières. Quand il a appris que le corps avait été retrouvé et qu’il s’agissait d’un meurtre, il lui a toutefois semblé étrange que la famille semble plus interpellée par la garde à vue d’Olivier De Bock que par le décès de son frère Yves. L’état des finances du magasin du prévenu ont été abordé à travers les questions, tout comme sa gestion et le prêt de 50.000 euros demandé au témoin.

Source/Image: Belga

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19 février 2019 - 16h52
Modifié le 19 février 2019 - 19h44