Un nouvel outil pour recenser les violences envers les LGBTQI+ en Région de Bruxelles-Capitale

C’est un projet inédit de collecte de données relatives aux violences et discriminations sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre qui va être lancé en Région Bruxelles-Capitale.

Rainbow House, qui regroupe différentes associations francophones et néerlandophones LGBTQI, s’associe à l’Observatoire Bruxellois pour la Prévention et la Sécurité et Equal.brussels, le service en charge de l’égalité des chances en Région bruxelloise. Ensemble, ils souhaitent “établir l’ampleur du phénomène grâce aux données quantitatives qui seront récoltées, afin de pouvoir formuler des recommandations aux autorités compétentes“. Dans les faits, très peu d’actes LGBTQI+-phobes sont recencés, pour plusieurs raisons, explique le communiqué : le manque de signalement par les victimes, la non prise en compte du motif homophobe ou transphobe lorsque l’incident est signalé, etc.

Les actes de violence ou de discrimination aboutissent rarement sur une plainte

En 2017, seuls 38 PV ont été dressés pour le motif de « discrimination fondée sur l’orientation sexuelle (homophobie) » sur l’ensemble de la Région. Or les associations de terrain, comme celles regroupées par Rainbow House, reçoivent de nombreux témoignages de victimes. Pour contrer ce “chiffre noir”, un nouvel outil va être lancé afin de recueillir de façon anonyme ces témoignages et ainsi tirer les conclusions qui s’imposent.

Recolter les données de façon anonyme

Concrètement, une « fiche de signalement d’incident LGBTQI+-phobe» permettra de collecter les données sur les faits qui se produiront cette année. Le second outil, une « fiche pratique» permettra de renvoyer les victimes vers les services d’assistance existants. Cet instrument pourrait encourager “à porter plainte auprès de la police et à contacter les instances officielles chargées de recueillir les signalements de discrimination et d’accompagner les victimes (Unia et l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes – IEFH)“.

Une phase pilote sera lancée le 1e mars 2019. Ce projet vise à impliquer l’ensemble des acteurs de la chaîne de la prévention et de la sécurité. Les données récoltées seront analysées à la fin de l’année et permettront de rédiger des recommandations à destination des autorités publiques.

Le Rédaction en ligne; Ill: Belga

 

 

 

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28 février 2019 - 15h13
Modifié le 28 février 2019 - 15h13